Le futur de la dataviz passera par l’immersion

Immersion dans la nouvelle dimension de la data visualisation.

page.alt
  • Dataviz
  • 3D
  • Réalité augmentée
  • Réalité virtuelle

Le futur de la dataviz passera par l’immersion

La réalité virtuelle et augmentée et la 3D permettront de s’immerger littéralement au coeur des données. Focus sur ces nouveaux leviers de restitution d’analyse voire d’exploration de données.


3D : la dataviz multidimensionnelle

Qui n’a pas pensé à un cube en entendant “3D” ? La 3 dimension est d’une aide précieuse pour visualiser ses chiffres et données. Notamment pour qui souhaite croiser ses données par du multifiltering (superposition de filtres) et les explorer dans les moindres recoins.


Vitesse d’appropriation

La 3D accélérerait le processus cognitif de l’homme. Ainsi, Atkinson et Shiffrin ont modélisé la mémoire dès 1968 pour mieux comprendre le traitement des données. Les informations passent par un “registre de perceptions”, puis sont encodées par notre cerveau pour être apprises. Ce stade final fait partie de notre capacité de rétention.

Schéma du traitement des informations par la mémoire Schéma du traitement des informations par la mémoire


Au delà des théories, les chercheurs Stark et Clemenson de l’Université de Californie ont tenté une expérience. Deux groupes tests d’étudiants jouaient à des jeux vidéo, l’un en 2D, l’autre en 3D. Les joueurs en 3D ont amélioré leur score de 12 % entre le test de mémoire initial et ultérieur à la partie. La 3D stimule davantage car elle fait appel aux processus visuels, spatiaux, émotionnels ou encore de concentration. Ce qui appuie l’appropriation des données, surtout lorsqu’elle est utilisée dans le cadre du data storytelling pour une immersion totale dans l’histoire de ses données.


2D vs 3D : profondeur et innovation

La 2D ne tient compte que de la hauteur et de la longueur d’un tableau de bord représenté sur un écran, ce qui limite les contenus dans le support visuel. A l’inverse, la 3D apporte un nouvel espace d’analyse : la profondeur. Utile à l’ère du big data et des quantités de données générées en temps réel.

Comme pour mieux admirer un tableau impressionniste, il faut parfois prendre du recul pour mieux voir et saisir tous les détails. Ainsi, la profondeur d’un tableau de bord 3D permet de révéler des insights cachés que la 2D ne permet pas de visualiser. Cela permet de contextualiser l’information. Chacun peut personnaliser son expérience de visualisation et la profondeur selon l’échelle souhaitée.

Ainsi un simulateur comme celui de zSpace et MPS permet aux pilotes novices de s’entraîner avant de partir en vol réel.


AR et VR au service de la dataviz

Après le passage d’un mode 2D à 3D plus engageant, la réalité virtuelle et augmentée permet de s’immerger encore davantage dans les données. L’exploration se basera de plus en plus sur la gestuelle et l’expérience utilisateur. Mais quelle différence entre l’AR et la VR ?


Part du réel et du virtuel dans les applications de réalité augmentée et réalité virtuelle Part du réel et du virtuel dans les applications de réalité augmentée et réalité virtuelle


La virtual reality ou réalité virtuelle en français plonge l’utilisateur dans un monde virtuel 3D, où il peut se déplacer et interagir. L’augmented reality ou réalité augmentée permet de superposer des éléments virtuels (chiffres, images) à notre vision directe.

Ces technologies permettent une collaboration plus fluide. C’est le cas de Virtualitics, une solution de data visualisation en réalité virtuelle qui permet à des professionnels de travailler en temps réel et à distance sur de grandes bases de données. Ils peuvent se déplacer dans cet espace immersif. Nirvaniq Labs a aussi utilisé la réalité virtuelle pour visualiser l’open data canadienne. Dans ce cas précis, cette immersion permet aux citoyens de se sentir mieux informés et plus concernés.

Quant à la réalité augmentée, Nike a mis au point Nike+ game vision. Ce jeu de running propose des parcours ludiques. Le joggeur reçoit des instructions guidées (saut, sprint…) et visualise ses performances grâce aux objets connectés (bracelet, lunettes…). La visualisation de données tend vers un usage plus ludique et individualisé.

La réalité ne se limite donc plus à notre perception avec l’AR et la VR. Les usagers se concentrent sur la valeur ajoutée de la modélisation en oubliant le support d’information dématérialisé.


Quel est votre jumeau numérique ?

Les jumeaux numériques ou digital twins sont des copies digitales d’un mécanisme physique. Ses capteurs récupèrent des données qui relient l’objet réel, comme un avion, au virtuel pour le modéliser en 3D ou en réalité augmentée sur une interface.

Les opérationnels au même titre que les dirigeants peuvent désormais localiser en temps réel et à distance les performances et anomalies sur leurs équipements. La dataviz simplifie des systèmes complexes et prévient la maintenance.

Le principe du double numérique se transpose aussi aux hommes. Ainsi la rééducation de paralysie faciale chez l’enfant peut devenir une expérience ludique. L’orthophoniste montre au patient le mouvement à effectuer et alors qu’il essaie de le reproduire, il voit le visage d’un avatar digital s’animer face à lui grâce à un casque et une caméra embarquée.


Biais visuels des nouvelles technologies dataviz

Ces nouvelles technologies, aussi interactives soient-elles, font baisser notre vigilance quant à l’exactitude des données et des analyses. Des biais visuels sont à prendre en compte pour bien les adopter :

  • Occlusion visuelle : ce phénomène est une illusion de profondeur 3D donnée par un objet qui recouvre partiellement un autre, ce qui gêne la compréhension des graphes. On peut régler l’opacité pour y remédier.
  • Saturation d’information : bien que la dataviz stocke plus d’informations en moins de place, il faut éviter de surcharger un graphique. On peut coloriser les éléments d’un tout pour mieux distinguer les parties - mais là encore, attention à la surcharge de couleurs.
  • Déconcentration : on reproche à ces technologies de multiplier les manipulations et les analyses associées sans pour autant les mémoriser.
  • Illusion de réalité : des mesures prédictives présentées en 3D peuvent donner une impression de réalité alors que celles-ci ne sont jamais tout à fait réelles. L’abstraction d’un graphe sur une surface plane permet davantage de se détacher de l’interprétation.
  • Disproportion : certaines visualisations 3D sont représentées par une plus grande surface que la valeur réelle de la donnée, ce qui complique le travail du cerveau pour n’apporter au final aucune information supplémentaire.


Effet de disproportion sur un diagramme circulaire Effet de disproportion sur un diagramme circulaire


Il faut aussi privilégier l’expérience individuelle car l’exploration des données sur de tels supports peut générer une frustration pour le “spectateur” qui ne manipule pas.


L’info à retenir

La 3D, l’AR et la VR offrent une expérience immersive aux utilisateurs alors même que les supports de visualisation de données se dématérialisent. Ces nouveaux espaces permettent de traiter les données en temps réel et à distance. La dataviz brouille encore un peu plus la frontière avec la réalité et des précautions d’interprétation sont à prendre.


Aller plus loin

3D et 2D à Harvard