Le futur de la dataviz passera par les objets connectés

Les objets connectés révolutionnent notre rapport aux données.

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Le futur de la dataviz passera par les objets connectés

Gartner estime que chaque personne possédera 6 objets connectés d’ici 2019. La data visualisation est un moyen judicieux pour démocratiser l’analyse de ces nouvelles données disponibles. Aujourd’hui dans cette série sur la dataviz de demain, on s’attelle aux objets connectés.


Objets connectés, réservoir de données

Pour rappel, l’IoT ou Internet of things est un réseau qui relie des objets connectés entre eux, générateurs de big data à analyser. Ces objets intelligents peuvent être aussi bien :

  • un weareable, que l’on peut porter sur soi comme une montre connectée
  • un équipement domotique telle que l’enceinte Echo d’Amazon
  • un lieu équipé de capteurs

La baisse du coût des composants électroniques, l’innovation logicielle et la hausse des capacités de traitement et de stockage favorisent l’essor de ces objets connectés. On les retrouvent dans des domaines comme la médecine, le sport, etc. :

Domaines des objets connectés Domaines où les objets connectés sont en hausse


Quel est le rapport avec la dataviz ? Accéder aux données c’est bien. En tirer des conclusions et agir, c’est mieux. Gartner prédit qu’on atteindra les 20 milliards d’objets connectés en 2020. Autant de données qu’il faudra interpréter et restituer de manière intelligible. C’est là qu’intervient la visualisation de données : elle n’est plus seulement destinée aux entreprises BtoB mais ses applications se simplifient aussi pour un usage grand public.


Un besoin de tout mesurer : le quantified self

Sommeil, endurance… La nécessité de mesurer ses performances pour améliorer son mode de vie a désormais un nom : le quantified self. Les objets connectés s’adaptent à chacun de nous pour une analyse et une optimisation personnalisées du quotidien.

Ils deviennent de véritables assistants personnels. Aujourd’hui, une brosse à dent connectée comme celle de Kolibree nous permet de visualiser le pourcentage de brossage de chaque coin de notre bouche sur des écrans toujours plus petits, comme sur l’Iwatch d’Apple.

Le quantified self passe aussi par le partage de ses performances sur les réseaux sociaux. Un moyen de se motiver grâce à une communauté, comme celles de Nike + par exemple. Cela reflète une envie de mieux vivre, de se surpasser mais aussi de se comparer en exposant ses records aux autres. La dataviz permet de simplifier l’analyse de ces données générées pour en faciliter le partage. Elle devient un outil ludique pour mieux se connaître, comme 42goals.

Dès 2009, B. Reeves et J. Leighton Reid démontrent dans leurs recherches sur les “jeux et la ludification” que les interfaces dataviz font accéder l’utilisateur à un niveau supérieur de lui-même. Les tableaux de bord organisés lui permettent de comprendre en un clin d’oeil si il progresse ou non. Ce retour rapide évite qu’il ne se décourage. Les graphiques volatils lui prouvent qu’il peut agir, il peut se concentrer sur ses actions pour s’améliorer.


Le geofencing, une nouvelle dimension CRM

60% des objets connectés seront achetés et utilisés en entreprise.
Deloitte


La dataviz rend les données exploitables pour des usages personnels mais aussi professionnels. Ainsi, modéliser le parcours client par un outil dataviz permet de mieux percevoir les usages et de le répercuter sur l’expérience client.

Le service marketing peut, à partir des données CRM, reconnaître et enregistrer les objets connectés de ses clients dans une zone qu’il sélectionne via une application visuelle comme Esri. Le geofencing, c’est précisément être alerté quand un client doté d’un appareil connecté entre et sort de cette zone. Zone où se trouve en général un point de vente. La cible reçoit alors des “pushs” en temps réel, des messages commerciaux qui l’incitent à entrer dans la boutique de la marque, comme une promotion sur ses produits préférés par exemple.

Réseaux de géolocalisation et leur portée Réseaux de géolocalisation et leur portée


Une fois dans le magasin, il recevra des pushs plus contextualisés selon le rayon où il se trouve, grâce au beaconing. Le beacon est un boîtier qui capte et interagit avec les appareils connectés. Toutefois, les technologies de geofencing requièrent que l’utilisateur active sa géolocalisation GPS et celles du beacon, le bluetooth. Cette géo-visualisation permet de personnaliser la relation client, vers une expérience immersive basée sur l’happenstence, cette capacité à être “au bon endroit au bon moment”.

Ainsi en Ukraine, Delta Bank géolocalise ses clients. A chaque fois que les clients de la banque spécifient leur localisation via Facebook, une agence virtuelle est créée pour eux. L’enjeu est d’améliorer la relation client qui pâtit d’un réseau d’agences physiques peu fourni.


Les limites de l’IoT seront-elles définies grâce à la dataviz ?

On peut aisément se déconnecter de l’ordinateur. C’est chose plus compliquée pour les objets connectés. Ils se fondent dans notre quotidien, dans la sphère professionnelle comme privée. Face à cette connexion permanente qui peut entraîner l’addiction, le droit à la déconnexion sera un enjeu central d’ici quelques années.

Nous avons vu précédemment que la dataviz simplifie le partage de données d’objets connectés, un enjeu important s’impose de plus en plus : la gouvernance des données. Autrement dit “avec qui je souhaite partager mes données ?” D’autant que près de 80% des objets connectés présentaient des failles de sécurité en 2016 selon Gartner. Depuis, le stockage est repensé local. C’est le cas de l’Edge computing, qui permet de stocker les données au plus près des capteurs connectés, sans passer par un data center, et de chiffrer les données sensibles.

Un autre paradoxe émerge à propos des objets connectés. Ils sont utilisés pour améliorer notre vie, alors que certains outils de quantified self nous incitent à repousser nos limites physiques dans une quête de la performance nocive (blessure de course par exemple). La dataviz, parce qu’elle rend les données compréhensibles par tout le monde, permettra-t-elle de fixer les limites éthiques de l’analyse de ces données créées par les objets connectés ? Nous ne nous risquons à aucun pronostic aujourd’hui.


L’info à retenir

L’individu peut désormais visualiser ses propres données via ses objets connectés pour améliorer son mode de vie. Ces objets fournissent de nouvelles interfaces de dataviz qui rendent les données ludiques et les démocratisent auprès de ses utilisateurs et de leur communauté. Les données collectées serviront à un futur ciblage comportemental, géographique et contextuel. En permettant une analyse de données en temps réel, la dataviz informe donc toujours plus les propriétaires d’objets connectés, jusqu’à être intrusive ?


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